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Làis aux cheveux d'argent

 
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Saoirse Ban
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MessagePosté le: Sam 7 Nov - 20:05 (2015)    Sujet du message: Làis aux cheveux d'argent Répondre en citant


Avatar : Glenn Close  


Biographie :

Làis est née dans un ferme longeant la route royale qui traversait de part en part le territoire, élevée dans les pâturages au milieu des blancs moutons qu'elle gardait depuis ses quatre ans et des gens de passage, qui s'arrêtaient pour profiter des bons repas servis par sa mère et sa grand-mère dans la dépendance accolée à leur maison. Les Hundil ne refusaient jamais l'hospitalité à un voyageur fatigué, et les revenus tirés de ces services assuraient à la famille toute entière une vie confortable, complétant la laine et le fromage qu'ils vendaient, ainsi que les légumes qu'ils produisaient dans l'arrière-cour. Le rôle d'auberge de sa demeure habitua très tôt la jeune fille à rencontrer des gens différents, et ses aïeuls lui apprirent à respecter chacun et à ne pas craindre l'inconnu : dans chaque étranger pouvait se cacher l'avatar d'un dieu venu mettre à l'épreuve leur charité.

C'est ainsi qu'elle épousa Horngeir Faore, journalier venu du fin fond du pays pour se rendre à la ville afin de travailler sur le chantier d'une cathédrale. Oubliant son objectif à sa vue, il resta si longtemps à l'auberge pour tenter de la séduire qu'il épuisa toutes ses économies et se retrouva à travailler pour la famille de Làis, qui l'accueillit, comme toujours, avec chaleur. Les deux jeunes gens firent connaissance durant tout l'hiver et se marièrent au printemps avec la bénédiction de leurs parents ; si Làis était plus riche que son époux, comme c'était à son frère Hans que reviendrait la propriété, cette union ne posa de problème à personne.

Les jeunes mariés restèrent vivre deux ans au sein des Hundil, avant de se rendre en ville dans l'espoir d'une vie meilleure – non pas que leur existence fut précaire, mais la jeunesse confère un esprit aventureux. Horngeir travailla comme manœuvre sur des chantiers, avant de se faire remarquer par un maître qui lui apprit la taille de pierre, tandis que Làis fonda une échoppe d'étoffes, extension du commerce familial de la laine de la ferme Hundil. C'est dans cette période de prospérité que naquit leur plus grand bonheur, leur fils Sandre. Cet enfant fut suivi d'un deuxième l'année suivante, une petite fille nommée Era qui ne survécut pas à sa première semaine sur terre.

Alors que Sandre entrait dans sa quatrième année, le maître de Horngeir mourut, et comme il n'avait pas d'enfants qui lui survivaient il fit de son élève préféré son légataire. Récupérant l'atelier et la demeure de feu Arnoul le tailleur de pierre, la famille Faore vit son existence comblée d'une nouvelle grossesse. Mais sans qu'ils le sachent encore, c'était la fin du bonheur auquel ils avaient droit.

Horngeir vit un jour apparaître sans raison, sur sa peau durcie par son labeur, de minuscules écailles. Fleurissant d'abord sur ses mains, elles commencèrent à remonter sur ses bras et à apparaître sur ses genoux ; les époux décidèrent de cacher leur secret. Mais rapidement leur fils Sandre se mit lui aussi à contracter cette mystérieuse malédiction. Làis l'enferma chez eux, prétextant une convalescence, en attendant que le garçon soit en âge de comprendre qu'il devait cacher son infirmité. Cependant leurs efforts pour cacher la maladie qui rongeaient le corps du tailleur de pierre furent vains, et la peur de la contagion couplée à la jalousie qu'éprouvaient de nombreux voisins face à leur réussite sociale trop rapide, ainsi qu'à l'appât du gain, finirent par pousser quelqu'un à dénoncer Horngeir le monstrueux. Ils vinrent l'arrêter devant sa femme, ne lui laissant pas le temps d'embrasser ni son fils ni sa bien-aimée, sans écouter les supplications de Làis qui demandait à ce qu'il vive au moins jusqu'à rencontrer son enfant à naître ; alors qu'elle se ruait sur les gardes, les contractions commencèrent. Aidée de voisines compatissantes, les deux seules à ne pas avoir en dégoût la maisonnée du serpent, elle commença le long travail alors que son époux était jugé à quelques pâtés de maisons. L'accouchement fut effroyable, son fils encore minot s'était enfui et elle savait l'amour de sa vie condamné ; après d'interminables heures, elle put enfin tenir sa fille dans ses bras, réconfortée par les deux bonnes femmes qui l'entouraient. Les cris du nourrisson résonnaient douloureusement en écho avec ceux de son père brûlé vif sur la grand-place. C'est à ce moment que Sandre ouvrit la porte de la chambre, muet et terrifié, pour se blottir contre sa mère et sa sœur Olga.

Le petit Sandre était allé chercher son père. Il avait tout vu, et on l'avait vu aussi ; quelqu'un lui avait tiré sur la manche pour découvrir son bras maigre et parsemé d'écailles presque invisibles et il s'était enfui. Làis n'avait plus qu'un seul choix : elle devait fuir pour protéger son fils. Laissant une lettre sur son bureau expliquant les raisons de son suicide et du meurtre de ses deux enfants par noyade dans le Hyacintho, elle fit des bagages sommaires – on ne devait rien remarquer d'important qui avait disparu – et à la nuit tombée, les Faore descendirent dans les souterrains pour rejoindre les parias de la ville. La mère éplorée ne pouvait retourner dans la ferme de ses parents, peut importait à quel point elle mourait d'envie d'être épaulée par sa famille et d'élever ses enfants dans la nature et l'abondance qui l'avait bercée. Les Hundil souffriraient bientôt eux aussi de la suspicion de leurs voisins, et c'étaient chez eux en premier qu'on chercherait son reptile de fils. La veuve n'avait d'autre recours que de plonger dans les horribles égouts pour y mener une vie secrète.

Dans leur malheur, les Faore eurent de la chance. Un vieil aveugle les prit sous son aile et les accueillit dans son taudis ; Làis aménagea la masure et l'agrandit pour qu'ils y vivent tous à leurs aises, cuisinant et reprisant les loques de leur hôte, qui lui, enseigna l'art de la mendicité au petit Sandre qui ne se contenta rapidement plus d'attendre quelques pièces, les subtilisant avec agilité à leurs propriétaires. Ils vécurent ainsi quelques années, jusqu'au jour où un gamin des égouts découvrit une vaste salle inconnue de tous et loin des eaux puantes et malsaines ; une véritable ville souterraine s'y organisa rapidement, et Làis Faore en devint un membre si éminent qu'elle finit par leur servir de chef. Son esprit pratique et sa grande bonté faisaient d'elle une femme respectée. Elle accueillit dans la cité des ombres tous les infirmes et les rejetés de la société, offrant de l'amour et une seconde chance à tous les malheureux : malades, hommes et femmes reptiles, sorcières, voyantes, fous et pauvres étaient les bienvenus, et elle veillait sur chacun des membres de cette famille agrandie comme sur ses propres enfants. Sa fille Olga restait toujours à ses côtés, muette de naissance et un peu sourde, mais dotée de visions divinatoires et d'un cœur à la générosité sans bornes, et son fils Sandre devenant l'un des meilleurs voleurs de la cité.

Les malheureux se firent de plus en plus nombreux au fil des années, à mesure que la folie du roi empirait et que la répression augmentait, et la rancœur qui sommeillait en chacun des citoyens de l'ombre se mit à gronder de plus en plus fort au su des injustices de ceux d'en haut. Bientôt cette colère éclaterait en une clameur immense. Assez des discriminations ! Assez de la tyrannie ! Les pauvres devinrent les rebelles et se mirent à rêver d'un société plus juste, Làis à leur tête, modèle de courage dans l'adversité qui lui avait été opposée vingt ans auparavant.

La rébellion porte un nom, un nom plein de tout l'amour et de toute la haine qu'une femme peut contenir en sa large poitrine : Làis Faore. Ce nom là, le roi devrait le craindre plus que tout autre. Mais Conviction ne le connaît pas. Son ennemie se cache dans les ombres.  


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MessagePosté le: Sam 7 Nov - 20:05 (2015)    Sujet du message: Publicité

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